





Lima Declaration
Durban Commitment
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The 9th International Anti-Corruption Conference
The Papers
Justification et examen des principes
de lutte contre la corruption dans les pays Africains
J. S. Warioba
Chairman of the Presidential Commission on Corruption, Tanzania
Introduction
La corruption existe dans la plupart, si ce n'est dans l'ensemble des
pays du monde : c'est là une réalité. Dans certains pays, le problème
est gérable parce que d'un niveau réduit ; mais dans d'autres, c'est
un élément qui fait sérieusement obstacle au développement, au progrès
et à l'harmonie sociale. La corruption n'est pas nécessairement
associée à un type de système politique ou social, un mode de
gouvernement ou un niveau de développement économique donné. Tous les
pays sont concernés par ce problème, qu'ils soient démocratiques ou
non, développés ou en développement, dynamiques ou moins performants
sur le plan économique.
On trouve des cas de corruption dans le secteur public comme dans le
secteur privé et la société civile. Les organisations internationales,
y compris les organisations non gouvernementales, souffrent de ce
problème. Il en va de même des institutions internationales, tant
publiques que privées. Bref, la corruption est un problème mondial.
Pour lutter contre ce problème, il importe d'en saisir la nature, les
causes et l'ampleur. En Afrique, il y a aussi bien une corruption à
grande échelle qu'une petite corruption, et toutes les couches de la
société, du sommet à la base, sont touchées. La corruption à grande
échelle est le fait d'individus de la haute société qui veulent se
constituer une fortune ou se maintenir à des postes influents, alors
que la petite corruption est très répandue aux échelons inférieurs de
la société, à un niveau où les individus cherchent à survivre tant
bien que mal. L'appât du gain et la pauvreté sont donc les causes
fondamentales de la corruption, et il s'agit par conséquent d'un
problème d'intégrité aussi bien que d'un problème de développement.
Les coûts de la corruption sont considérables. C'est l'ensemble des
normes d'éthique qui se trouve compromis. En cas de corruption
généralisée, les dirigeants ne sont plus autant respectés, les
pouvoirs publics sont discrédités et un cynisme s'instaure vis-à-vis
de la politique et de l'action publique. La corruption sape également
les valeurs morales de toute une société. Bien qu'elle subisse et
maudisse la corruption, la société se résigne en fait à la tolérer et,
paradoxalement, semble l'accepter. Dans certains pays, les électeurs
s'attendent à être soudoyés pour donner leur vote à tel ou tel
candidat, et c'est pourquoi l'octroi de faveurs est désormais une
chose courante dans les campagnes électorales.
Sur le plan économique, la corruption fausse la formulation des
politiques publiques, compromet le recouvrement des recettes, accroît
les coûts des programmes de développement de l'État, pervertit des
systèmes essentiels de réglementation publique, décourage
l'investissement et déséquilibre les choix prioritaires en matière
d'affectation des ressources publiques, de sorte que le système finit
par profiter à quelques-uns au détriment du plus grand nombre, ce qui
ne fait qu'accroître la pauvreté.
Comme la corruption s'impose désormais comme un problème mondial de
par sa portée et son impact, son élimination exige une coopération à
l'échelon international. C'est ce qui permettra aux pays d'apprendre
au contact les uns des autres au moment d'élaborer leurs stratégies de
lutte contre ce problème, et de coopérer en vue de prévenir et de
détecter la corruption, et de prendre des mesures pour la combattre.
Il existe à l'heure actuelle un certain nombre d'instruments
internationaux qui servent de base à un effort concerté de lutte
contre la corruption. Les États membres de l'Organisation de
coopération et de développement économiques (OCDE) ont ainsi conclu un
accord (la Convention sur la lutte contre la corruption d'agents
publics étrangers dans les transactions commerciales internationales)
en vue de criminaliser la corruption de fonctionnaires de pays
étrangers. Cet accord a pour but de créer des conditions de
concurrence égales pour les membres de l'OCDE qui réalisent des
transactions commerciales internationales dans d'autres pays,
notamment sur le continent africain.
En 1998, le Conseil de l'Europe a adopté un projet de convention
pénale sur la corruption qui oblige chacun de ses États membres à
incriminer les actes de corruption d'agents publics nationaux,
d'agents publics étrangers, de membres d'assemblées publiques
étrangères, de responsables du secteur privé, de juges et de
responsables de courts internationales et de membres d'assemblées
parlementaires internationales. Cette convention a notamment pour but
d'amener les autorités et responsables nationaux à coopérer pour
détecter et signaler les actes de corruption, et pour protéger ceux
qui les dénoncent ainsi que les témoins de tels actes.
En 1996, l'Organisation des États américains a adopté la Convention
interaméricaine contre la corruption, qui vise à favoriser et
renforcer, au niveau des États parties, l'établissement des mécanismes
voulus pour prévenir, détecter, sanctionner et éradiquer la
corruption, et à promouvoir une coopération entre les membres de
l'organisation pour garantir l'efficacité des mesures anticorruption.
Ce texte couvre toute une série d'aspects, notamment : les normes
d'éthique dans le secteur public, les systèmes de passation des
marchés publics, les conflits d'intérêt, les systèmes de recouvrement
et de contrôle des recettes publiques, les mécanismes de mise en
oeuvre des stratégies de lutte contre la corruption et les procédures
propres à assurer la participation de la société civile. Les membres
de l'Organisation des États américains se sont engagés à s'entraider
dans plusieurs domaines, notamment en matière d'extradition.
Bien d'autres entités à travers le monde, y compris au sein du
Commonwealth, discutent activement en vue d'élaborer des mécanismes
communs de lutte contre la corruption. Des efforts allant dans le même
sens sont en cours sur le continent africain. Les membres de la SADC
ont ainsi eu de multiples échanges de vues sur cette question au cours
des dernières années, et le Conseil des ministres de cette
organisation a adopté une déclaration dans laquelle est énoncée une
série détaillée de principes de lutte contre la corruption. Toutefois,
l'Afrique en tant que telle n'a pas à ce jour de convention ou de
mécanisme pour traiter de ce problème à l'échelon du continent, et il
semble que les pays africains ne soient pas admis à devenir parties
aux instruments internationaux actuels.
Principes de lutte contre la corruption en Afrique
À l'initiative de la Coalition mondiale pour l'Afrique, des efforts
ont été menés ces dernières années pour élaborer un processus
débouchant sur un éventuel mécanisme de coopération en vue de
combattre la corruption sur le continent africain. Lors d'une réunion
organisée par la Coalition en février 1999 à Washington, les ministres
de 11 pays africains ont adopté une série de Principes de lutte contre
la corruption dans les pays africains. Il s'agit, au total, de 25
principes couvrant l'effort de prévention, l'application des règles
établies, le renforcement des institutions, la participation de la
société civile et la coopération à l'échelon du continent. Tels qu'ils
sont formulés, ces principes appellent les pays africains à :
- Faire montre de leadership et de volonté politique pour combattre et
éradiquer la corruption dans tous les secteurs de la société, en
améliorant la gouvernance et la gestion économique, en prenant des
mesures vigoureuses pour créer un climat qui favorise la transparence,
la responsabilisation et l'honnêteté dans le domaine public et privé
et en restaurant la confiance du public vis-à-vis du gouvernement.
- Établir une transparence budgétaire et financière et des systèmes de
gestion financière solides.
- Éliminer les réglementations publiques inutiles qui entravent
l'activité économique, et instituer des procédures administratives
simples avec des critères et des dates butoirs précis.
- Adopter et appliquer des lois sur la criminalité qui s'attaquent
efficacement à des actes de corruption en imposant des peines lourdes
aux individus et aux firmes qui seront reconnus coupables de
corruption ou d'actes de corruption et en permettant la saisie, la
déchéance, ou la confiscation des biens acquis à travers des actes de
corruption.
- Éliminer les conflits d'intérêt en adoptant et en appliquant des
législations nationales efficaces, des réglementations éthiques ou des
codes de conduite - pour les personnes occupant des fonctions
officielles - comportant des règles portant sur les conflits d'intérêt
et des exigences propres à rendre publics les intérêts financiers, les
avoirs, les cadeaux et d'autres transactions.
- Entreprendre les réformes administratives nécessaires pour restaurer
le moral et l'intégrité du service public, par exemple en instaurant
des politiques de recrutement et de promotion des fonctionnaires
basées sur le mérite et en leur donnant des avantages adéquats, y
compris en matière de rémunération et de systèmes de pension.
- Promouvoir la transparence dans les procédures de passation des
marchés publics et la vente ou l'octroi de licences pour des
autorisations et intérêts économiques, en éliminant les obstacles
bureaucratiques, en permettant une adjudication ouverte et
concurrentielle pour les contrats publics, la vente ou l'octroi de
licences pour des concessions économiques, et en adoptant des
procédures susceptibles de régler les plaintes exprimées lors de
l'attribution de contrats ou la vente ou l'octroi de licences pour des
concessions économiques.
- Adopter des systèmes de collecte des recettes qui réduisent les
possibilités d'évasion fiscalo-douanière, surtout en ce qui concerne
les transactions commerciales internationales.
- Exiger des firmes et des organisations qu'elles maintiennent des
archives et une comptabilité financière précise et qu'elles adhèrent
aux normes standard de tenue des comptes.
- Promouvoir des codes de conduite pour les différentes professions, y
compris le secteur privé.
- Promouvoir des normes pour la gouvernance des firmes et pour la
protection des droits des actionnaires.
- Interdire aux individus et compagnies reconnus coupables de
corruption de soumissionner en matière de contrats publics ou d'avoir
une relation d'affaire avec l'État. Publier des données détaillées sur
les firmes dont on a prouvé qu'elles (ou leurs succursales, ou leurs
agents ou représentants) sont coupables de pratiques de corruption, et
les empêcher juridiquement de soumissionner à des offres de contrats
publics ou de faire des transactions étatiques pour une période de
temps déterminée par les lois nationales.
- S'assurer que les agences anti-corruption sont autonomes,
indépendantes et qu'elles sont effectivement pourvues des moyens
d'initier et de conduire des investigations portant sur des affaires
de corruption et de poursuivre les prévenus conformément aux pratiques
normales de poursuites judiciaires.
- Établir d'autres mécanismes de supervision et de responsabilisation,
y compris des bureaux d'inspecteur et d'auditeur généraux.
- Adopter des mécanismes et des procédures permettant au public de
soumettre des allégations de corruption et de pratiques corruptrices,
y compris la protection des témoins et des informateurs.
- Faciliter la participation et l'intégration de la société civile, de
manière continue, dans la formulation, l'exécution et le suivi des
programmes de réformes anti-corruption.
- Restaurer et maintenir l'indépendance du système judiciaire et
s'assurer de l'adhésion à des normes rigoureuses d'intégrité,
d'honnêteté et d'engagement dans le déroulement de la justice à
travers, entre autres choses, l'adoption d'un code de conduite en
matière de justice.
- middot; Garantir au public le droit à l'information en ce qui concerne larruption et les actes de corruption à travers la protection de la
presse y compris « le journalisme d'investigation » et un suivi et une
supervision parlementaires effectifs.
- Adopter des accords de coopération au niveau régional et/ou sous-
régional, pour obtenir un échange d'idées, d'informations, d'enquêtes
et d'expériences susceptibles de minimiser les risques de corruption
transfrontalières, y compris dans les transactions d'affaires
internationales.
- Faciliter la coopération pour des enquêtes sur des cas entachés de
corruption, en se portant mutuelle assistance juridique pour
l'obtention d'éléments incriminants, de documents, d'articles de
presse, de registres et de déclarations de témoins.
- Fournir l'assistance dans l'investigation, la saisie, le gel, la
déchéance et la confiscation de biens liés aux propriétés obtenues par
la corruption et l'application des ordres de déchéance.
- Appliquer des obligations réciproques pour l'extradition de ceux qui
sont accusés ou inculpés de délits de corruption.
- Prendre des mesures préventives, y compris l'harmonisation des lois,
des règlements et des procédures adéquates, comme par exemple celles
ayant trait aux impôts, à la passation des marchés, aux droits et
tarifs douaniers.
- Établir des mécanismes de gouvernement à gouvernement pour suivre la
mise en oeuvre de ces principes, y compris un processus d'évaluation
réciproque.
- Étudier la possibilité de mise sur pied et d'adoption d'une
convention africaine pour combattre la corruption, sur la base des
principes évoqués ci-dessus, et encourager l'établissement d'une
convention mondiale contre la corruption.
Ces grands principes couvrent de manière générale la plupart des
domaines clés dans lesquels des mesures s'imposent d'urgence pour
lutter contre la corruption. Leur élaboration a tiré parti des efforts
menés dans d'autres régions, en particulier au niveau de
l'Organisation des États américains, ainsi que des initiatives et
expériences de nombreux pays, dont les États africains.
À l'heure actuelle, de nombreux pays d'Afrique déploient des efforts
considérables pour combattre la corruption, et ces principes les
aideront grandement dans ce contexte. Comme on peut le voir à l'énoncé
des principes, l'essentiel des mesures à prendre est d'ordre national.
Application des principes
Bien que la corruption soit un problème d'une nature et d'une portée
planétaires, des mesures énergiques s'imposent au plan national pour y
faire face. Une coopération internationale n'aura guère d'effet si
elle ne prend pas appui sur un effort vigoureux à l'échelon des pays.
Mais un tel effort exige une stratégie claire et globale. Un programme
d'action bien compris et faisant porter les responsabilités sur un
point central donné est un élément crucial pour la mise en oeuvre
d'une stratégie nationale. Chaque pays, en fonction du contexte local,
doit élaborer sa propre stratégie, laquelle établira des objectifs
précis, des moyens effectifs, des calendriers réalistes et des
mécanismes d'exécution et de suivi crédibles qui permettent d'assurer
d'une manière très transparente le respect des responsabilités. Compte
tenu du faible niveau de capacités institutionnelles d'un grand nombre
de pays africains, une stratégie bien conçue se doit d'identifier les
priorités à la fois en termes de calendrier et du point de vue de son
domaine de concentration.
Une stratégie de lutte contre la corruption a nécessairement pour
point de départ une volonté politique. Cela veut dire que les
dirigeants politiques doivent faire preuve de leur détermination à
s'attaquer d'une manière systématique aux causes et aux effets de la
corruption. Comme le soulignent les Principes de lutte contre la
corruption en Afrique, cela signifie qu'ils doivent manifester la
volonté de « combattre et éradiquer la corruption dans tous les
secteurs de la société, en améliorant la gouvernance et la gestion
économique, en prenant des mesures vigoureuses pour créer un climat
qui favorise la transparence, la responsabilisation et l'honnêteté
dans le domaine public et privé et en restaurant la confiance du
public vis-à-vis du gouvernement ». Il s'agit pour cela d'accroître la
légitimité et la crédibilité des gouvernants, et de faire en sorte
qu'ils bénéficient d'un large soutien politique au sein de la société.
Dans beaucoup de pays, l'opinion publique considère son gouvernement
et ses dirigeants avec un cynisme qui ne sera éliminé qu'au prix d'un
effort considérable.
Attaquer de front la corruption au sein des principaux organes
institutionnels doit également être une priorité. Cela concerne
notamment le pouvoir judiciaire, la police et les médias. Il importe
de préserver l'indépendance du pouvoir judiciaire, mais combattre la
corruption au niveau même de ce pouvoir est d'une importance capitale.
Dans beaucoup de pays, le pouvoir judiciaire a fini par être
totalement discrédité sous l'effet de la corruption. Le public fait
preuve de cynisme quant à l'impartialité de ce pouvoir. Tant qu'un
pays n'aura pas démontré clairement que la justice règne dans ses
tribunaux, le public n'aura pas confiance dans la primauté de la loi.
De même, la police s'est souvent discréditée du fait de cas de
corruption manifestes.
Dans le contexte général d'une stratégie nationale, l'accent doit
être mis sur la lutte contre la corruption dans les domaines clés, y
compris le domaine économique. Les aspects à considérer sont les
mesures anticorruption et les réformes systémiques ou
institutionnelles susceptibles de favoriser une bonne gouvernance et
une transparence au niveau économique. Il faut notamment envisager
trois séries de mesures :
- Des réformes de nature à assurer la transparence et la
responsabilisation de la gestion économique. Il convient d'éliminer ou
de réduire les pouvoirs discrétionnaires des autorités
gouvernementales dans le domaine des affaires, et d'entreprendre des
réformes législatives et juridiques pour supprimer les lois, règles et
régimes de licences périmés qui font obstacle à l'investissement et à
la croissance. Toutes ces réformes doivent avoir pour but de mettre
fin aux pouvoirs arbitraires, de rendre les agents publics qui
exercent un pouvoir discrétionnaire responsables de leurs actes et
d'éliminer les facteurs institutionnels qui incitent à la corruption.
- Des réformes ayant pour effet de rationaliser et de rendre
prévisibles les procédures administratives affectant le commerce et
l'investissement. Cela vaut également pour les mécanismes de
prestations de services publics. Il s'agit notamment de publier les
règles, critères et directives applicables, de donner au public
l'occasion de formuler des observations, d'établir des codes de
conduite régissant les conflits d'intérêt et des règles obligeant les
agents publics à divulguer leurs avoirs financiers, de fixer des
règles de loi et de procédure claires dans le domaine douanier et
d'établir des systèmes de passation des marchés compétitifs et
transparents.
- Des mesures appropriées pour faire en sorte que les organismes et
responsables publics qui interviennent dans le domaine économique ou
commercial soient soumis à un contrôle interne, ces mesures devant
couvrir tous les aspects : prévention, détection, investigation et
poursuites.
La sensibilisation et la participation du public sont également un
élément clé des efforts tendant à éradiquer la corruption. Quelle que
soit la stratégie envisagée, elle sera sans effet tant que le public
ne manifestera pas son refus de la corruption. Il est d'ailleurs
difficile d'avoir un bon leadership politique dans une société qui
tolère en général la corruption. Beaucoup de dirigeants accèdent au
pouvoir parce qu'ils utilisent pour cela des moyens corrompus. Les
citoyens ordinaires sont forcés de verser des dessous-de-table pour
obtenir des services publics parce qu'ils ne connaissent pas bien les
droits et obligations qui sont les leurs. Il importe donc d'associer
le public à tous les stades de la mise en oeuvre d'une stratégie
nationale, de l'élaboration des politiques à l'application et au
suivi. Au sein d'un public ignorant, indifférent et cynique, il n'est
pas facile de trouver des gens prêts à dénoncer des actes de
corruption, des informateurs et de bons témoins.
Les médias sont l'outil indispensable pour sensibiliser l'opinion. Le
droit à l'information et la liberté d'expression sont possibles
lorsqu'il existe des médias libres et honnêtes. Dans certains cas, les
organes de presse sont tombés sous le contrôle d'éléments corrompus de
la société, si bien que le public ne reçoit pas l'instruction voulue
ou les informations pertinentes dans le contexte de l'effort de lutte
contre la corruption.
Ces orientations stratégiques constituent un cadre général qui peut
donner lieu à des modifications en fonction des besoins mis en jeu par
l'effort de collaboration et de coopération à l'échelon du continent
africain. Un tel effort rendrait les différents pays mieux à même de
combattre la corruption et, à terme, de l'éradiquer. Les principes de
lutte contre la corruption, s'ils sont adoptés, encourageraient
l'application de normes communes à l'échelon national, ainsi qu'une
action conjointe de la part des pays africains et au sein de ces pays.
Et une telle démarche aboutirait naturellement à ce que l'Afrique
puisse élaborer et adopter une convention. Outre le fait de consolider
les efforts de lutte contre la corruption à l'échelon du continent,
cette convention faciliterait la coopération entre l'Afrique et les
autres continents ou régions, en particulier ceux qui sont dotés de
conventions similaires.
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